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(25 octobre 2012)

Si loin, si proche - 2/Du Larzac au Chiapas

Si votre âge se situe entre 14 et 25 ans, il y a relativement peu de chance que vous ayez entendu parler du Larzac.
A ma connaissance, les manuels d’histoire revus et corrigés par chaque nouveau ministre ne mentionnent pas (ou fort peu la chose) donc allons-y tout droit sans passer par quatre chemins parce que ce qui s’est passé là devrait être su sur le bout des doigts - et j’exagère à peine.

Balayez la facile image d’Épinal des hippies chevelus en rogne contre l’État, des moustaches et du retour à la bougie. Ce qui s’est passé au Larzac, c’est bien plus que cela.
En 1971, l’État décide de l’extension du camp militaire du plateau du Larzac, dont la surface passerait de 3000 à 14 000 hectares, et signifie sans concertation aucune les expropriations. Stupeur. Et colère.
Sur 107 habitants du plateau du Larzac, 103 signent qu’ils ne partiront jamais. Pensez, c’est la terre de leurs ancêtres et, pour quelques néo-ruraux, le lien choisi pour une nouvelle vie !
Sur le plateau, la résistance s’organise et lentement les paysans intègrent la désobéissance civile non-violente, notamment avec la participation de Lanza del Vasto, lui-même influencé par l’exemple de Gandhi qu’il a rencontré en 1936.

Alors bien sûr, les commerçants sont pour l’extension du camp et les tensions arrivent. Les paysans finissent par monter à la capitale pour attirer avec humour l’attention du gouvernement en faisant... paître les brebis sous la Tour Eiffel. Imaginez la scène. Las, contre l’avis de l’opinion publique, l’extension est votée fin 1972. Et alors ?

Alors ça ne s’arrête pas ! Quelques 300 bénévoles rejoignent la contestation et si, comme ils disent, ils n’ont pas de moyens ils ont tout le temps et des dialogues se tissent entre paysans contestataires et jeunes idéalistes qui commencent par construire tous ensemble une bergerie sans attendre de permis. Ainsi, le Larzac aboutit à ce qu’il nous faut maintenant en France d’urgence : une protestation contre un ordre injuste doublée de propositions concrètes. Et parce que ce qui se passait sur le plateau était universel, les ouvriers ne tardèrent pas à se rallier à ces actions. En 1973, ce sont 60 000 personnes qui sont mobilisées, et le double l’année suivante ! Il faut voir ces bras de fer non-violent, ces zig-zag avec l’armée, avec l’État, le jeu des médias jusqu’à l’issue que je ne vous raconterai pas.

Il faut voir, revoir et faire circuler ce documentaire extrêmement bien fait, rigoureux et très humain

Un site très complet retrace également l’histoire du Larzac.

Et depuis ?... Depuis il y a eu la naissance de la Confédération paysanne en 1987, le démontage du MacDo de Millau comme symbole de lutte contre la mondialisation, puis les Faucheurs volontaires contre les OGM en 2003 et la mobilisation de toute la région contre l’exploitation souterraine des gaz de schiste. Il y a surtout que le Larzac reste le symbole fort d’une action positive, collective, non-violente et juste. Une action solidaire d’autres actions dans le monde qui ont lieu en ce moment même... comme au Mexique, par exemple, avec la révolution zapatiste commencée depuis 1994 ou la rébellion de Oaxaca depuis 2006.

Grâce Marc Tomsin, à l’éditeur de Rue des Cascades, nous pouvons suivre l’actualité de ces luttes mexicaines inspirantes au possible pour nos propres résistances locales.






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?