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(24 septembre 2012)

Un nouveau monde en marche

Depuis le temps qu’il est en marche ce nouveau monde, vous me direz qu’il serait temps, et grand temps, qu’il arrive.
Et vous auriez raison.

Mais regardez un court instant les choses sous un autre angle. Prenez la flèche du temps et secouez-la. Que se passe-t-il ?
Il se passe que s’il nous a globalement fallu 21 siècles montre en main pour en arriver à cet état avancé de barbarie quotidienne qui est le lot de millions de gens, la marche s’annonce encore un chouia longue avant d’arriver à une réelle évolution capable de satisfaire réellement les besoins des humains et des autres espèces avec lesquelles nous cohabiterons encore (s’il en reste).

Si donc vous êtes émoustillé-es, en vrac, par : la démocratie participative, la justice juste, la sobriété heureuse, l’équité, la transparence politique, la responsabilité, l’équité, la beauté naturelle, la beauté sauvage, les soins pour tous, l’autonomie, la fin des potentats, la bio-diversité, etc., ne perdez pas courage, retroussez vos manches et en route ! Plus nous serons, et mieux ce sera. (1)

Bon bréviaire sur le chemin, pour s’inspirer et pour apprendre, ce livre co-mis en scène par Laurent Muratet d’Alter Eco et Étienne Godinot de Gandhi International, Un nouveau monde en marche. Le livre est dense, très dense, organisé autour du pivot de la non-violence où alternent habilement des propositions de pensée et de travail avec des regards inattendus. Ainsi, aux incontournables Philippes Desbrosses, Jean-Marie Muller ou Pierre Rabhi, s’ajoutent par exemple le chef amazonien Haru, le rappeur Akhenaton ou la psy Annick de Souzenelle.

Et ce livre n’est pas qu’un livre.
C’est un compagnon de marche.
Qui vous invite à (vous) bouger.

Alors que la Good Food March est arrivée à Bruxelles dans l’indifférence médiatique, vous vous souvenez peut-être de la détermination des paysans indiens du mouvement non-violent Ekta Parishad qui en 2007 furent 25 000 à marcher pour réclamer le droit de cultiver leurs terres. Vous serez donc j’imagine heureux d’apprendre que pour ce mois d’octobre, une immense marche est à nouveau organisée. Objectif ? Unir les communautés autour d’une lutte non violente pour garantir le droit à la terre des paysans, l’eau, la forêt et la préservation des ressources naturelles.

L’Inde c’est loin dites- vous ? Du tout. C’est tout proche, c’est encore le lieu d’une agriculture vivrière diversifiée telle que la France la connaissait avec son bocage des années 1960. Là, tout n’est pas qu’uniformité et les Indiens, contrairement à nous, ne sont pas encore obligés d’importer massivement leur nourriture.

100 000 marcheurs sont attendus cette année.

Il en faudra 100 000 de plus l’an prochain. Et ainsi chaque année jusqu’à ce qu’on y arrive, et pas qu’en Inde. Car la lutte est rude, dure, âpre et généralement d’une grande violence de la part des prédateurs de terres cultivables et de semences.

Très récemment, dans le Wall Street Journal du 6 septembre, Jose Graziano da Silva, Directeur Général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et Suma Chakrabarti, Président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), ont explicitement appelé "à une augmentation au niveau mondial des investissements dans le secteur privé et dans l’accaparement des terres. Stipulant que le secteur privé est efficace et dynamique, ils appellent les compagnies privées à « doubler leurs investissements dans les terres elles-mêmes, les équipements et les semences »." (2)

En France, c’est l’association Gandhi International qui fait le relais vers la mobilisation internationale, notamment par une marche solidaire vers Paris qui doit s’achever le 17 octobre prochain.

En parallèle, et toute aussi cruciale, est la question des semences. Là aussi, la prédation est féroce pour breveter ce qui a toujours circulé librement entre paysans pour assurer la diversité d’éco-systèmes solides. La grande Vandana Shiva, appelle elle aussi pour ce mois d’octobre à une mobilisation massive sur ce sujet.

Il y a au minimum une pétition à signer. Et peu importe que, malgré une première victoire, l’association Kokopelli ait été déboutée sur la question des semences anciennes, ne vous découragez pas : ils gagneront plus tard.

Pourquoi tous ces mouvements en octobre ? Parce que le 2 c’est l’anniversaire de Gandhi. Alors à vos souris, et à vos baskets : en route !

(1) Si en lisant cette liste rapide vous dites : "Elle est mignonne la seiche mais c’est de l’utopie tout ça ! ", laissez-moi vous remettre les pendules à la bonne heure. Le mot "utopie" peut désigner 2 choses : un lieu qui n’existe pas et un lieu hors du temps. Dans la petite liste de tentations positives qui nous réjouissent tous (enfin j’espère), notez que chacun de ces mots désigne une réalité. Donc, point de défaitisme ni de lassitude ! La route est longue, oui, mais bon sang ça en vaut la peine !!

(2) Source La Via Campesina, ici.






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