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(29 mars 2012)

Un monde parfait (2/2)

Le suspense est haletant : après le cloaque de l’uranium français du Niger qui détruit tout un environnement et des milliers de vies, nous voici de retour dans l’Hexagone pour la deuxième partie de ce polar haletant que j’aimerais tant vous donner envie de lire... sans trop vous en dire quand même...

La poignée d’humains prédateurs y poursuit son travail d’exploitation et de marchandisation du monde et a décidé que le terrain à exploiter c’est... nous ! Areva s’estompe, d’autres enfilent des blouses blanches et prennent sa place : Pfizer, Sanofi, Nestlé et tant d’autres veillent aux chevets des malades.

Cette poignée d’humains-là entend nous guérir de tout et affiche sans trop de complexes un double objectif : nous rendre dépendants des médicaments qu’ils produisent et, si possible, créer de toutes pièces de nouvelles maladies correspondants à de nouveaux secteurs de marché.

Les humains que cette poignée prétend "soigner" ne sont pas sans défense : vivant dans une démocratie et non dans un lointain pays dit sous-développé, ils pensent avoir accès à des informations fiables et des remèdes élaborés avec bienveillance et amour de l’humanité par des experts compétents voués au service de la Santé Publique.

Ainsi, on a cru au début de son apparition que la maladie d’Alzheimer était un cas rare, une maladie presque orpheline, un presque rien dans l’aventure extraordinaire du progrès industriel. Mais, durant les dix dernières années, 90 millions de gens l’ont contractée, soit la population de l’Allemagne (p. 15).

Immédiatement, la poignée d’humains qui suit de très près l’évolution des maladies, dont celle-ci, a décidé d’un méga plan et, entre autres, d’un train entier affrété pour expliquer la maladie d’Alzheimer, ses causes, ses risques, ses remèdes. Un train d’état sponsorisé par la poignée. Information principale : les causes sont génétiques - ce qui est faux, cette cause ne concerne que 4% des malades (p. 94). Rien d’autre ? C’est une maladie de vieillesse : faux, de plus en plus de jeunes sont touchés. Et la dispersion de milliers de substances artificielles toxiques dans nos environnements polluant en cocktail nos neurones ? Pas un mot.

Cette partie du polar qui se passe chez nous s’ouvre sur le témoignage, hélas anonyme, d’un responsable politique faisant pipi dans son pantalon à l’idée de l’effroyable scandale sanitaire en suspens au-dessus de son ministère si la vérité venait à se savoir.

Tout l’enjeu pour cette poignée d’humains qui pensent pouvoir user et abuser de nous se résume donc à cette question, là encore shakespearienne : comment maintenir en toute impunité l’écran de fumée permettant de masquer les risques réels des médicaments désormais massivement vendus comme de simples produits ?

A mi-chemin du polar, on apprendra qu’en France "90% de la population est contaminée par les organophosphorés" (qui sont les remplaçants bien plus rentables du DDT et compagnie, p. 114). Saviez-vous que les entreprises productrices de ces produits phytosanitaires (ex pesticides) recommandent le port de combinaison durant les manipulations ? Et bien figurez-vous que ces combinaisons n’ont jamais été testées et deux chercheurs ont montré que la sueur augmente en réalité la contamination par la peau (p. 118-119). C’est atrocement vrai.

A mi-chemin, on apprendra que quand un ministère annonce 900 sites "douteux" sur le territoire (comprendre extraordinairement et durablement pollués par les rejets industriels et l’agriculture intensives), un chercheur indépendant en recense 400 000.

A la fin, on verra que les autorités sont régulièrement saisies mais que ce sont régulièrement les petits davids associatifs qui informent réellement les gens, permettent de modifier les lois et les pratiques - comme dans le cas du retrait du bisphénol A par exemple.

A la fin, on apprendra que quand des chiffres augmentent en France on ne recherche pas les causes, on affirme que les moyens d’exploration sont plus précis et on occulte la prévention.

A la fin, on verra que l’exception française ne connait pas de limites car, par exemple, quand la Grande-Bretagne et la Suède reconnaissent déjà l’électrosensiblité, la France nie son existence. Ainsi, en 2004, 30 min/jour de portable vous classait dans la catégorie des "gros utilisateurs" et sur 10 ans à ce régime vous présentiez "un risque accru de tumeur cérébrale (...) de 87% là où le cerveau est le plus proche du téléphone." Est-ce que cela a donné lieu à une vraie campagne de prévention, limitation, interdiction, notamment vers les plus jeunes ? Nenni : on compte +46% de mobiles depuis (p. 167).

A la fin, on apprendra que la France, tout en étant un pays laïc, continue de croire au miracle (le vaccin ou la pilule miracle) et aux sornettes débitées par les bons pères d’aujourd’hui, ces scientifiques vendus aux plus offrants qui récitent des mantras sponsorisés. Et oui, beaucoup des médecins et de chercheurs sont (vraiment) devenus des pilotes de course qui paradent avec d’invisibles blouses brodées de logos.

A la fin, on comprendra que le lien entre l’exploitation ignoble de l’uranium au Niger et la mise en circulation infâme de produits toxiques s’appelle profit. Le cynisme n’a pas de frontières.

Et quand on lira qu’il y a eu, en 2010, 42 000 morts en France à cause de la qualité de l’air (10 fois plus que les accidents de la route qui s’élevaient à 6500 en 2002), on pleurera comme moi.

Vous aurez compris que ce polar n’existe pas et que les dindons de cette macabre farce, c’est nous. Au Niger ou en France c’est pareil, c’est nous. Maintenant il faut rentrer dans cette réalité et il y a deux documents essentiels à découvrir et à faire circuler partout.



Vos commentaires

  • Le 29 juin 2012 à 21:28, par auteur J.paul rivet en reponse Un monde parfait (2/2)

    Approbations totale..continuons,courage.




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