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(7 novembre 2012)

Si loin, si proche : 5/ Clara, Jon et Sandy

Gavée de stockage, notre époque a la mémoire si courte que je crois assez utile de faire régulièrement des pas de côté pour regarder l’actualité avec un peu de distance. C’est tout le sens de cette série "Si loin, si proche".

Clara est une fillette partie sur l’île de Sibérut. Jamais entendu parler ? Tant mieux.
Elle se situe en Indonésie, une de ces îles probablement somptueuses, où l’on trouve encore des forêts pluviales équatoriales et des gens qui gardent un mode de vie traditionnel, comme les Mentawaï.
C’est parmi eux que Clara découvre la vie de la forêt : les oiseaux bruyants, les singes joueurs, les fleurs chatoyantes dont les hommes se parent, les fruits, les rivières... Le rêve, ou presque car de deux côtés la menace gronde.
Parmi les humains de l’île, certains sont plus sensibles que d’autres aux arguments du Progrès et se trouvent prêts à vendre des bouts de forêt aux plus offrants.
Menace de perdre leurs coutumes ancestrales au profit de quelques appareils ménagers.
Menace de détruire progressivement l’environnement.
Menace de discorde entre les tribus.
La seconde menace vient d’ailleurs, des forces secrètes de la terre et de l’océan, jusqu’au jour où les eaux se lèvent dans le ciel...

Clara au pays des hommes-fleurs est à la fois un livre d’images enchanteresses et un document remarquable.

Plus proches de nous sur la carte, les Samis. "Seul peuple nomade de la communauté européenne, inventeurs du ski, les Samis occupent toujours les immenses territoires de la Scandinavie au-dessus du cercle polaire qui reste pour eux un territoire d’élevage, de chasse et de pêche."

Éleveur de rennes et sculpteur de couteaux, nomade et artisan, traditionnel en suivant la transhumance des troupeaux, moderne sur sa moto-neige, voilà Jon. Jamais encore je n’avais vu pareil mariage entre "moderne" et "traditionnel" et, dans bien des cas, il est évidemment plus intéressant de réunir les deux plutôt que les séparer.

Pendant quatre ans, le réalisateur Corto Fajal a donc suivi Jon, sa famille, ses amis, sa communauté, et les rennes bien sûr pour livrer un document essentiel qui vient de sortir en DVD. D’abord pour se rentrer dans le crâne qu’il n’a pas "que" les Indiens d’Amazonie, les Inuit et les Bushmen, que ici aussi, en Europe, il y a encore des peuples "autres".

Ensuite parce que là aussi, la menace est double. D’une part, comment survivre avec ce mode de vie ? D’autre part, la surexploitation des forêts et l’adoucissement du climat menacent cet environnement de glace et de neige au point que le film témoigne d’une catastrophe terrible de 2009 où 300 rennes se sont noyés en traversant un lac désormais trop peu gelé.
En suivant Jon, on voit pas à pas non pas une catastrophe soudaine mais l’enchaînement très visible des dégradations. Saisissant.

Jon face aux vents- la bande annonce from Corto Fajal on Vimeo.

Voilà, deux coins du monde, à priori sans lien entre eux, et pourtant...
Dans un troisième coin plus familier de nos écrans, des élections ont eu lieu, un humain est redevenu chef et tant mieux.

Vous saviez n’est-ce pas qu’il y a quelques jours encore, "Sandy a également soumis à rude épreuve le secteur nucléaire américain : trois réacteurs ont dû être mis à l’arrêt et une vieille centrale était toujours en état d’alerte mardi soir. « Tout semble sous contrôle à ce stade. Aucune infrastructure de centrale n’a été endommagée », a toutefois affirmé à l’AFP un porte-parole de l’autorité de sûreté nucléaire américaine."(*)

Comme le disait le philosophe Aristote dans l’Ethique à Nicomaque (chap. III), certaines choses dépendent de nous... comme la destruction des forêts, l’impact de notre sur-productivité sur le réchauffement du climat et les centrales nucléaires, et d’autres ne dépendent pas de nous... comme la course des planètes ou les tsunamis.

(*) Sur Libération.






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