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(2 novembre 2012)

Si loin, si proche : 4/Minamata, Bhopal et prix Pinocchio

Tout comme pour le Larzac, je me doute que si vous vous situez autour de 20 ans, les noms de Minamata et de Bhopal ne vous diront rien. Et pourtant ce sont là deux des signaux d’alarme les plus forts qui aient été donnés aux hommes pour revenir à la raison.

Les hommes, pas tous mais certains, ont créé des monstres et, les créant, sont eux-mêmes devenus des monstres. Ainsi, entre 1949 et 1956, des animaux, des pêcheurs et des enfants furent atteints d’un mal mystérieux sur lequel les autorités ne prirent la peine de se pencher que de longues années après les premiers cas signalés.

La raison ? L’entreprise pétrochimique Chisso, l’une des plus florissantes du Japon de l’après-guerre, déversait sans contrôle aucun ses résidus chimiques dans la baie de Minamata. Les pollutions sont irréversibles et l’empoisonnement au mercure (*) des eaux, des poissons ensuite consommés par les humains, eût des conséquences atroces, sur les nouveaux-nés notamment. Ce sont les vies de 13 000 personnes qui ont été foutues par ces irresponsables (+ 25 000 qui attendent une reconnaissance officielle de leurs troubles).

Certes, il y eût quelques indemnités, certes les pollutions cessèrent (en 1966 !). Mais avec un minimum de prudence, ces horreurs et ces souffrances auraient dues êtres évitées.

Tout comme dans la ville de Bhopal où l’explosion de l’usine chimique de pesticides Union Carbide en 1984 - due a des équipements défectueux signalés de nombreuses fois - a tué net 3000 personnes dans la nuit, intoxiqué des milliers d’autres, pollué les puits, les sols, les plantes, tout. Sans compter que l’usine enfouissait ses déchets de mort à même le sol et qu’ils continuent de polluer terres et nappes phréatiques. Aujourd’hui, alors que l’usine n’a même pas été nettoyée et que tout gît à ciel ouvert, des milliers de gens continuent de souffrir de ces quelques heures d’enfer : difficultés respiratoires, malformations, stérilité...

Christophe Léon, auteur formidable de livres écolos pour ados, en a fait le sujet de deux nouvelles très fortes, réunies dans Bleu Toxic. Le livre est indispensable. Et ça, c’était avant Tchernobyl (1986), avant le Golfe du Mexique flingué par BP (2010) et Fukushima (2011), déjà... sans parler des catastrophes industrielles non-médiatisées comme celle du delta du Niger sur laquelle je reviendrai d’ici peu.

Pas certaine que le message ait été entendu mais informez-vous, mettez le nez dedans, regardez, convainquez-vous que si vous ne vous opposez pas d’une manière ou d’une autre à l’usage monstrueux que certain-es font de l’industrie, personne ne le fera pour vous.

Désolée du ton sombre de cette chronique. C’est la Toussaint. Les rendez-vous cimetières et chrysanthèmes ne sont pas trop ma tasse de thé, je préfère honorer mes morts en m’occupant des vivants. Ce dont je viens de parler fait déjà partie de l’histoire immédiate mais parmi toutes les catastrophes silencieuses et invisibles à nos yeux, il y a celle de l’accaparement des terres agricoles qui se réitère chaque jour.

Bien sûr, transformer marais et terres agricoles en aéroport inutile comme à Notre-Dame-des-Landes est un exemple juste sous nos yeux. Mais l’accaparement de terres agricoles par l’industrie (des agro-carburants entre autres) s’opère ailleurs chaque jour, sur des millions d’hectares, d’où les populations, parfois indemnisées une misère au regard de leurs vies perdues, sont chassées. Peuples Solidaires a mis en place une pétition qui me semble importante et que vous pouvez signer ici.

Enfin, allez-y, lâchez-vous, faites-vous plaisir, votez, élisez l’industrie la plus écologiquement menteuse, bref la plus méritante d’un Prix Pinocchio : les démasquer est la moindre des choses ! Verdict le 13 novembre prochain.

(*) Rappelons que le mercure est, entre autres, un neuro-toxique dangereux encore largement présent dans les plombages dentaires pratiqués en France alors que ce type de plombage est interdit dans d’’autres pays. En savoir plus, par ici.






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