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(26 novembre 2012)

"C’est un débat qui est dans la société !"

Dixit Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, dans un entretien donné sur France Inter hier soir (lien).

Ce débat dont il parle c’est Notre-Dame-des-Landes, terrain d’une résistance étonnante en France et d’un affrontement devenu intolérable.

Intolérable parce que le projet de construction a été attribué sans appel d’offre publique et que depuis des années la protestation gronde face à l’absurdité de ce Grand Projet Inutile en temps de crise.

Intolérable parce que la présentation des enjeux est sans cesse biaisée, opposant soit disant "une bande de squatteurs" à l’ordre et la morale d’un projet utile (à qui ?) alors que le fond du problème est autre : ce sont deux visions du monde et de notre avenir qui s’opposent là.

D’une part, ce que souhaitent les investisseurs : création d’une infrastructure dont l’inutilité a été démontrée des dizaines de fois, détruisant faune, flore et terres agricoles, générant des millions de bénéfices pour eux au mépris des constats les plus évidents, à commencer par la raréfaction du pétrole qui va entraîner des hausses de billets d’avions et donc un ralentissement du trafic aérien dans les années à venir.

D’autre part, des travailleurs de la terre, agriculteurs installés ou fraîchement arrivés, manuels, inventifs, défendant leur environnement et la terre qui les fait vivre, les produits qu’ils vendent sur les marchés, leurs habitats, et refusant de se faire croquer tout cru par des bétonneurs.

Alors que peut-il se passer à présent que le gouvernement, après avoir poussé dans un affrontement violent, affiche une volonté louable de dialogue ?

Et bien soit, le dialogue et la médiation ont un effet "Grenelle de l’environnement" : les personnalités qui soutiennent la résistance se contentent d’un semblant de dialogue, la résistance faiblit, bref on noie gentiment le poisson d’un mouvement populaire de résistance en laissant pourrir jusqu’aux beaux jours.

Soit le dialogue est impossible - et il semble difficile à moins que des médiateurs formés en CNV ne soient de la partie pour que chaque camp réinstalle de l’écoute... Impossible surtout parce que, au point de tension où en sont les choses, je me demande quel compromis pourrait bien être acceptable aux résistants ?

Soit le dialogue est un succès car le projet d’Ayraultport est abandonné ce qui donnerait aux Français le signal fort qu’une pratique réellement démocratique est de nouveau sur pied dans ce pays tout en faisant passer aux groupes industriels le message clair qu’à partir de maintenant ce sont les intérêts réels des citoyens qui l’emportent, pas les leurs.

On peut toujours rêver ?
Qui vivra verra...

"En 1985, on aurait déclaré cinglé quiconque aurait officiellement prédit que l’Union Soviétique cesserait d’exister et mettrait fin à la course aux armements, que le Mur de Berlin serait démoli et l’Allemagne réunifiée, que l’apartheid prendrait fin, que Nelson Mandela sortirait de prison et deviendrait président de l’Afrique du Sud. Pourtant moins de 10 ans plus tard l’inconcevable s’est produit presque sans effusion de sang."

In David Suzuki, L’équilibre sacré, p. 265.

Pour suivre les nouvelles du front des opposants, c’est sur ZadNadir.

Post-scriptum : Pascal Canfin annonce une excellente nouvelle dans cet entretien, à savoir le retrait d’Exxon Mobil de l’exploitation des gaz de schistes en Pologne. Ouf !






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